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La pousse de l’herbe se maintient cette semaine, avec une production de 37 kg de matière sèche par hectare et par jour à Yvonand (450 m). Cette tendance devrait se prolonger, les températures restant relativement stables dans les jours à venir.
Points d’importance à retenir (infos approfondies ci-dessous)
La somme de températures (quantité de chaleur cumulée) est utilisée pour donner des repères afin de dater les stades clefs de la pousse de la prairie.
Explications : Calendrier fourrager
À la suite des premières mesures d’herbe de l’année en cours, on constate qu’on se trouve bien au-dessous par rapport à l’année 24 (démarrage de l’herbe précoce).
Le but principal cherché dans la pâture de printemps est celui d'augmenter la proportion d'herbe pâturée dans la ration, ce qui permet de réduire vos coûts d'alimentation et de bâtiments, et tirer le meilleur parti de cette herbe (très digeste et riche en protéine).
En s’assurant de la bonne portance des sols, le déprimage peut même commencer avant que la croissance de l’herbe n’ait vraiment démarré (stock sur pied), surtout pour les régions plus tardives (à partir de 800m).
Le tableur « Météo des prés » vous aide à calculer la part complémentaire à la pâture en fonction de votre troupeau et des surfaces à disposition (une version est également disponible pour les vaches allaitantes).
Pour notre ferme exemple, voici 3 indicateurs importants pour la gestion des pâturages.
La quantité d’herbe disponible est la masse de fourrage utilisable à un moment donnée. Formule : Herbe disponible = (hauteur mesurée – hauteur de sortie ciblée) x densité de l’herbe
Jours de réserve nombre de journées de pâture permises par la quantité d’herbe disponible. Formule : Jours de réserve : herbe disponible / ingestions journalière d’herbe
Une gestion de la pâture qui vise à augmenter l’efficience d’utilisation au détriment des refus et des pertes de qualité, contribue à optimiser la surface à disposition ainsi qu’à l’autonomie fourragère de la ferme.
Pourquoi est-il conseillé de se tenir à une hauteur d’entrée et de sortie ?
Hauteur d’entrée. Respecter une hauteur maximale de 15 cm pour :
Hauteur de sortie. Respecter une hauteur minimale de 4-5 cm (hauteur du talon), soit 7-9 cm dans les conditions de sécheresse estivale, pour :
Maximiser l’utilisation (récolte) de l’herbe : une hauteur de sortie trop élevée pénalise la production nette des feuilles (croissance - mort des feuilles) et réduit la digestibilité des pâturages (plus grande proportion de gaines) lors de la prochaine mise à l'herbe, ce qui aura un impact sur les performances des animaux (vois graphiques ci-dessous).
En période de pâture, on peut considérer que la hauteur de sortie correspond au mois de l’année :
Avril |
Mai |
Juin |
Juillet |
Août |
4 cm |
5 cm |
6 cm |
7 cm |
8 cm |
Des résultats concrets en Suisse romande
Après cinq ans d’essais ou les hauteurs d’entrée et de sortie ont été suivies et respectées, l’équipe de Grangeneuve (FR) a montré une réduction de la surface de pâturage nécessaire à production laitière équivalente. Si la ferme a comme objectif d’améliorer l’autonomie fourragère, cette optimisation de surfaces fait partie de la solution.
Points d’attention :
Vous pouvez aller écouter notre podcast Podconseil sur la gestion du pâturage en conditions humides en scannant le QR code suivant :
Minéraux
L’herbe est riche en phosphore et calcium, mais pauvre en certains oligo-éléments. Lors de la mise à l’herbe, ne pas négliger les apports de sel, magnésium, sélénium et iode. Pensez de mettre à disposition un bloc à lécher et veillez à ce que tous les animaux en consomment suffisamment.
Avant de prendre une décision, posez-vous deux questions essentielles : quel est mon objectif de production fourragère ? Et quel est le coût d’opportunité de ne pas implanter une autre culture ?
Pour savoir si ma luzerne est toujours productive, il faut faire un tour de la parcelle et comptabiliser les tiges / m2. Dans les références internationales on trouve qu’au-delà de 400 tiges / m2 le rendement ne serait pas limité par la densité. Ci-dessous, une luzernière en troisième année qui possède un stand de tiges correcte.
Au printemps, les graminées peuvent sembler dominer, mais avec une bonne densité de luzerne, l’équilibre se rétablit lors des coupes suivantes. Surveillez, ajustez et optimisez votre rendement !
En outre, pour réussir l’implantation d’une luzernière : faire attention à l’acidité (pH min 6.5), à l’humidité stagnante et au tassement ultérieur du sol, prioriser des mélanges de variétés, inoculer et bien rouler après le semis
Pas d’inquiétude au printemps si le méteil ne couvre pas totalement bien le sol, la biomasse évolue très vite au printemps, tant que les légumineuses sont bien présentes.
Ci-dessous, deux méteils de même composition semés à deux semaines d’intervalle, et qui possèdent la même densité de légumineuses.
On y voit une différence de recouvrement due à un méteil moins développé, mais qui se sera bien développé d’ici quelques semaines, si la météo est favorable.
Concernant le roulage, il peut être bénéfique pour les graminées, mais peut avoir un impact négatif sur les légumineuses délicates (pois, féverole, …). Il est donc peu recommandé de le réaliser sur les méteils.
Le sous-semis de mélanges fourragers dans les céréales présente de nombreux avantages, mais sa réussite dépend du choix des espèces, de la concurrence faite par la céréale et des conditions de mise en place. Idéalement réalisé lors du dernier passage de la herse étrille (autour d’épis 1cm), il favorise une bonne implantation grâce à l’humidité printanière. Les céréales de faible concurrence, qui étoufferont moins le sous-semis sont à privilégier, ainsi que les mélanges fourragers « longe durée » (si possible limité en ray-grass) qui feront moins de concurrence à la céréale. Le choix du mélange dépend des objectifs : tandis qu’un mélange riche en légumineuses (trèfle blanc, trèfle violet) peut être semé à la volée, un équilibre entre graminées et légumineuses garantit un bon fourrage mais l’implantation de graminées est plus délicate à la volée. Un roulage après sous-semis améliore la germination et la levée du mélange.
Sur les prairies intensives et au sol superficiel, l’apport de soufre peut être raisonné à l’aide de la fiche technique 5.8.1 « Fumure soufrée dans les prairies ».
Quelle parcelle a besoin de soufre ?
L’apport de soufre se fait en fonction de la matière organique, de l’argile du sol, de la pierrosité, de la profondeur utile du sol, des précipitations d’octobre à mars, des engrais de ferme sur la parcelle et de la différence de fumure azotée par rapport à la dose prévue. Il peut être nécessaire notamment pour les deuxièmes coupes et peut se faire avantageusement sous forme de sulfate d’ammoniaque, sulfate de Mg, kiesérite ou gypse.
L’apport de soufre directement dans la fosse à lisier est déconseillé car il est plus onéreux, moins ciblé et augmente les odeurs lors de l’épandage (dégagement de H2S).
Nicolás Cauda et Eliane Lemaitre, conseillers agricoles chez Proconseil répondent à vos questions techniques à 021 905 95 50, n.cauda(@)prometerre.ch | 024 423 44 88, e.lemaitre(@)prometerre.ch .
Les dernières actualités sur les herbages vaudois, délivrées par Eliane Lemaitre, sont également publiées dans le bulletin d'information «Grandes cultures et herbages». Pour recevoir le bulletin de la station de protection des plantes dès sa sortie hebdomadaire, inscrivez-vous en envoyant votre adresse électronique ici. Ce service est gratuit.
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