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Les courants vagabonds, ou courants parasites, présents sur une exploitation agricole peuvent affecter très fortement la santé des animaux, plus électrosensibles que l’homme, jusqu’à causer leur mort. Récemment, de plus en plus de cas ont été remarqué. Afin que des actions adaptées soient mises en œuvre, une étude de la HAFL en collaboration avec Prométerre a été réalisée.
Les éleveurs vaudois bénéficient désormais d’un nouvel appui dans la lutte contre les courants vagabonds. Depuis le 1er janvier 2026, le Canton de Vaud, par l’intermédiaire de la Direction de l’énergie (DGE-DIREN), met en place une subvention destinée aux exploitations agricoles suspectant la présence de courants vagabonds dans leurs bâtiments d’élevage.
Cette aide financière vise à encourager les agriculteurs à faire appel à un expert spécifiquement formé par l’Association suisse pour le contrôle des installations électriques (ASCE), afin de réaliser un diagnostic professionnel et fiable.
La mesure s’adresse aux exploitations d’élevage de bovins, porcs ou moutons situées à proximité immédiate d’une installation de production d’énergie renouvelable.
Montant de la subvention
Le soutien financier se décline comme suit :
Le montant total de l’aide est plafonné à CHF 1’800 par requérant.
Les conditions d’octroi ainsi que la procédure de demande sont détaillées sur le site du Canton de Vaud, dans la rubrique : S07 Demander une subvention pour un diagnostic « courants vagabonds » | État de Vaud
Ce dispositif marque une étape importante dans la reconnaissance des impacts des courants vagabonds sur les exploitations agricoles et renforce l’accompagnement des éleveurs concernés.
Afin d'informer les éleveurs sur cette thématique et ce soutien, Proconseil organise des visites d'étables entre fin février et fin mars avec l’intervention d’un électricien expert et la conseillère agricole en énergie, Vanessa Ménétrier.
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Date |
Horaire |
Lieu |
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Mardi 24 février |
9h30-12h00 |
Ferme Hockenjos à Palézieux (Serix) |
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Vendredi 6 mars |
9h30-12h00 |
Ferme de Grégoire Martin à Rossinière |
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Jeudi 12 mars |
À confirmer |
À confirmer |
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Jeudi 19 mars |
9h30-11h30 |
Communauté d’exploitation Erb Christian & Fils à L'Auberson |
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Mardi 24 mars |
9h00-12h30 |
Ferme de Marc Benoît à Romainmôtier |
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Jeudi 26 mars |
9h30-12h00 |
Ferme de M. Aubert à Pampigny |
Les courants vagabonds, ou courants parasites, sont des courants électriques involontaires qui s'échappent du circuit fermé habituel et circulent à travers les parties conductrices, les installations ou le sol d’un bâtiment. Ils sont de faible tension, inférieurs à 1 volt. L’électrosensibilité des animaux varie selon les espèces. Les bovins, en raison de leur grand empattement, sont les animaux de rente les plus électrosensibles, suivis par les porcins, les ovins et les caprins et, enfin, la volaille. On estime qu’une vache est 5 à 10 fois plus électrosensible qu’un humain. Finalement, l’humidité et le type de sol sont autant de facteurs qui peuvent amplifier l’intensité des courants vagabonds.
L’étude menée, qui avait comme objectif de faire un état des lieux de la situation en Suisse, a permis de relever une présence significative des courants vagabonds dans les exploitations indigènes, particulièrement dans les exploitations laitières. Selon l’étude, 37% des 1'428 exploitants agricoles interrogés ont été ou sont confrontés à des problèmes de courants vagabonds.
Les causes de ces courants vagabonds sont multiples. Elles peuvent être d’origine interne, comme des dysfonctionnements dans les installations électriques (mauvaise mise à terre, câblage endommagé, etc.), ou externe, tels que les panneaux solaires, les antennes de télécommunication, les éoliennes, et les voies de chemin de fer. Cette problématique peut entraîner des conséquences désastreuses sur les cheptels, allant de la diminution des performances des animaux de rente jusqu’à leur mort. Les différents symptômes chez les animaux de rente sont soit de nature comportementale (animaux nerveux, refus d’entrer dans une salle, refus de boire, etc.) soit une atteinte à la bonne santé (baisse de la production, baisse de la fertilité, boiterie, etc.).
Les pertes financières pour les exploitations touchées sont également considérables, compromettant gravement leur viabilité économique. Dans le cadre de l’étude, 13% des exploitants ayant subi des courants vagabonds ont signalé des pertes financières allant de 100'000 à 1'000'000 francs et 33% ont rapporté des pertes comprises entre CHF 20'000 et CHF 85'000. La nature même des vaches laitières et leurs conditions de détention (beaucoup d’installations électriques nécessaires, comme par exemple les salles de traite) les rendent particulièrement vulnérables aux courants vagabonds, affaiblissant donc davantage un secteur se trouvant déjà bien souvent en difficulté.
Il ressort également de l’étude que le manque notable d'experts maîtrisant la problématique et capables de la résoudre ou de conseiller les agriculteurs entraîne des délais de résolution très longs, ce qui a un impact direct et significatif sur les pertes économiques mais aussi sur le moral des détenteurs d’animaux.
Actuellement, même les exploitations agricoles conformes aux normes et ayant passé le contrôle de sécurité selon les règles techniques reconnues (cf. art. 3, al. 1, OIBT) rencontrent des problèmes liés aux courants vagabonds. Cela souligne que les normes actuelles ne tiennent pas compte de l’électrosensibilité du bétail, qui est plus élevée que celle d’un humain. Il est donc impératif d’adapter les normes pour garantir la santé et le bien-être des animaux de rente.
Cependant, afin d’essayer de limiter la problématique, plusieurs actions peuvent être entreprises.
À l’interne de l’exploitation, il est essentiel de s'assurer que toutes les installations électriques sont non seulement conformes aux normes actuelles, mais aussi qu'elles prennent en considération l’électrosensibilité du bétail. Il est recommandé de faire appel à des experts qualifiés pour revoir les plans des installations électriques et vérifier la qualité du matériel utilisé, notamment la mise à terre, élément clé pour limiter les courants vagabonds. Faire appel à un électricien spécialisé pour l'installation, ainsi que procéder à des contrôles réguliers de l'état des installations, permet de garantir une protection efficace et durable. Vous trouverez la liste des électriciens formés à cette problématique sur le site de l'ASCE: Expertises - ASCE section Romande. Il est conseillé aux exploitants qui souhaitent équiper les toitures de leurs bâtiments d’une installation photovoltaïque d’ajouter dans le contrat signé avec l’installateur solaire la clause contractuelle rédigée par le Service juridique de Prométerre (voir dans Documents utiles).
De plus, tous les travaux effectués par soi-même sur l’exploitation doivent être rigoureusement conduits. En externe, il est crucial de rester informé des nouvelles infrastructures qui peuvent être mises en place dans la région et qui pourraient influencer les courants électriques, comme les éoliennes, les antennes de télécommunication ou les lignes à haute tension. Maintenir un dialogue avec les acteurs concernés et refaire contrôler les courants vagabonds lors de la mise en place de nouvelles installations à proximité est indispensable pour éviter toute interférence qui pourrait compromettre la santé des animaux et la rentabilité de l’exploitation.